Un appareil qui permet d'entendre avec la langue




Un ingénieur espère changer la vie des personnes malentendantes et sourdes grâce à un appareil très original, qui permet d'entendre avec la langue.


Cet appareil transmet des vibrations que l’utilisateur doit ensuite interpréter comme des sons ou des mots. © Colorado State University

Les implants cochléaires ont rendu de nombreux services aux sourds et aux malentendants. Notamment à une britannique, sourde de naissance, qui a recouvré une partie de son audition à l'âge de 40 ans grâce à ces implants qui traduisent les sons en impulsions électriques."Mais cette technologie nécessite une intervention chirurgicale et coûte très chère (ndlr : plusieurs milliers d'euros)", explique dans un communiqué John Williams, ingénieur au Colorado State University (États-Unis). Pour remédier à ces deux problèmes, cet ingénieur planche actuellement sur un appareil très original, permettant d'entendre avec la langue.

De l'oreille à la langue, puis au cerveau

TECHNOLOGIES. Les implants cochléaires reposent sur le principe de stimulation électrique : un microphone installé à l'arrière de l'oreille capte les sons qui sont ensuite traduits en impulsions électriques directement communiquées au nerf auditif. L'infographie animée ci-dessous permet d'en comprendre le fonctionnement.
L'appareil de John Williams fonctionne de manière différente : un microphone relié à une oreillette Bluetooth (se plaçant dans l’oreille) détecte les sons et les mots. Il les transmet ensuite à un processeur qui les convertit en signaux électriques représentant un mot. Mais au lieu de stimuler le nerf auditif, ces impulsions sont envoyées à un autre système qui se place sur la langue. Quand l’utilisateur le presse sur cette dernière, des électrodes stimulent les nerfs qui relaient les signaux au cerveau. "La langue contient des milliers de nerfs et la région du cerveau qui interprète les sensations tactiles issues de la bouche est capable de décoder des informations complexes", explique John Williams. Avec des semaines voire des mois d'entraînement, le cerveau est capable d'interpréter ces signaux et de comprendre les mots prononcés. Cette technologie est à découvrir dans la vidéo ci-dessous.
RECHERCHES. Pour l'instant, l'appareil n'est encore qu'au stade de prototype. Actuellement lourd et encombrant, l'ingénieur planche sur un modèle plus réduit, voire microscopique, qui ne devrait pas coûter plus de 2.000 dollars (1.720 euros). Il peaufine aussi la cartographie des nerfs de la langue afin de trouver les endroits les plus pertinents à stimuler. "Certaines personnes suggèrent que notre appareil procure la même sensation que des bulles de champagne sur la langue", précise John Williams. Une sensation a priori pas désagréable.
LA LANGUE SERT AUSSI À VOIREn 2007, Sciences et Avenir avait traité du cas de cet aveugle de naissance, capable de voir avec la langue grâce à un mécanisme transmettant l’information visuelle sur une grille électrotactile (voir S. et A. n° 683). Le système expérimental avait été mis au point par le professeur Bach-y-Rita (université du Wisconsin, décédé en novembre 2006), est toujours en cours d’expérimentation aux États-Unis, au Canada ainsi qu’en France. Zone cérébrale modifiée : c'est le cortex occipital, l’aire dévolue à la vision, qui se trouve mobilisé. Ce constat est étonnant, mais logique, puisque cette zone est activée et modifiée par des sensations venues de la langue !
D'après un article d'Hervé Ratel
source : sciencesetavenir



VIDEO. Le gant qui parle aux sourds



Cet étonnant projet va permettre aux sourds et malentendants de communiquer en traduisant le langage des signes en paroles.


Posés à des endroits stratégiques de la main d’une personne sourde, des capteurs localisent parfaitement la position de ses doigts et de ses articulations. © youtube

TEASING. Cet article est une introduction au dossier sur la surdité du magazine Sciences et Avenir n°817 disponible en kiosque le 19 février 2015.
Du geste à la parole, il n’y aura bientôt qu’un… gant. L’idée, collective, est née dans cinq cerveaux d’étudiants de l’École des mines de Nancy. Hand’Speaker permettra en effet aux sourds d’échanger avec des personnes qui ne parlent pas la langue des signes. Comment ? En traduisant les gestes de la langue des signes en synthèse vocale. Démonstration dans la vidéo ci-dessous.

Analyse des mouvements de la langue

Tout a commencé sur un coin de table, dans une salle de classe. Depuis, il y a un gant bardé de capteurs et une application pour smartphone. Posés à des endroits stratégiques de la main d’une personne sourde, ils localisent parfaitement la position de ses doigts et de ses articulations. Il analyse ainsi avec une grande précision les mouvements de la langue des signes et les retranscrit en synthèse vocale via un micro, connecté à un smartphone. Les gestes deviennent alors audibles ! L’interlocuteur pourra alors répondre tout à fait "normalement" : grâce au même micro, les paroles prononcées — mais non perçues par la personne sourde — s’afficheront aussitôt sur le smartphone de façon alphabétique. Résultat, une communication rétablie !
PRIX. Le projet a déjà gagné de nombreux prix (Prix national des entrepreneuriales, prix Startem, prix de la Banque de France du concours Creativ’Est). Salah Ghamizi, l’un des cinq étudiants à l’origine du projet, prévoit de créer à terme sa start-up. Ce gant parlant, encore au stade de prototype, devrait à terme changer le quotidien des sourds et surtout leur faciliter l’accès à la vie professionnelle. Aujourd’hui, 60 % des sourds et malentendants sont en effet au chômage.
source : sciencesetavenir

Des souris sourdes retrouvent l'ouïe !



Grâce à une thérapie génique, des chercheurs américains et suisses ont restauré l'ouïe de souris affectées d'une forme de surdité génétique.


Une souris atteinte de surdité a retrouvé l’ouïe grâce à une thérapie génique ! © SOLENT NEWS/SIPA

THÉRAPIE GÉNIQUE. Une souris atteinte de surdité a retrouvé l’ouïe grâce à une thérapie génique ! Voici l’annonce pleine d’espoir qu’ont faite des chercheurs du Boston Children’s Hospital and Harvard Medical School, associés à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) lors d’une publication dans Science Translational Medicine. De un à quatre enfants sur mille naissent sourds à la naissance. La grande majorité de ces surdités précoces est d’origine génétique. Actuellement 70 gènes sont identifiés comme pouvant provoquer la surdité, s’ils sont mutés. Parmi eux, le gène TMC1 qui encode une protéine cruciale dans l'audition. La protéine TMC1 est impliquée dans le fonctionnement d’un canal ionique des cellules ciliées de l'oreille interne. Un canal qui transforme les vibrations sonores en message nerveux dans le cerveau.
Un enfant porteur de deux copies mutantes de TMC1 (mutation récessive) à la naissance, souffrira de pertes d'audition profondes dès son plus jeune âge. Le porteur d’une seule copie de la mutation (mutation dominante) verra, lui, une surdité progressive s’installer à partir de 10 à 15 ans.

Deux formes de surdité génétique

Les chercheurs ont utilisé deux types de souris génétiquement modifiées pour reproduire la surdité observée dans ces deux cas. Une souris manipulée pour ne pas exprimer du tout de protéine TMC1 imite les mutations récessives. Une autre souris où l’on a introduit une mutation ponctuelle dans la protéine TMC1 est un bon modèle pour la forme de surdité dominante. Ces deux types de souris ont alors subi un traitement. L'équipe de Harvard leur a injecté au niveau de l’oreille interne un virus génétiquement modifié (vecteur) dans lequel les chercheurs du Brain and Mind Institute de l’EPFL avaient introduit le gène TMC sain. Avec l’espoir de corriger les effets de la mutation.
"Un grand nombre de vecteurs porteur du gène sain (plus d'un milliard) a été introduit au travers de la ‘fenêtre ronde’ dans l’oreille interne, explique Bernard Schneider de l’EPFL. Le vecteur diffuse alors dans la cochlée jusqu’aux cellules ciliées à traiter, et le gène TMC sain s’intègre dans le noyau de la cellule." Pour des cellules ayant un faible taux de renouvellement comme ces cellules ciliées, une seule injection suffit. "Le traitement est pensé pour être unique."

Les cellules ciliées produisent à nouveau un courant électrique

Quelques temps plus tard, surprise : chez le modèle de souris "surdité récessive", la capacité des cellules ciliées sensorielles à répondre aux sons – en produisant un courant électrique mesurable – a été restaurée et les souris sourdes ont retrouvé une capacité à entendre ! Dans le modèle "surdité dominante", la thérapie génique s'est avérée positive au niveau cellulaire et cérébral, mais moins convaincante dans le test de l’ouïe.
"Notre protocole de thérapie génique n'est pas encore prêt pour des essais cliniques – nous devons encore faire des ajustements – mais nous pensons que dans un avenir pas trop lointain, il pourrait être développé pour un usage thérapeutique chez les humains", explique Jeffrey Holt, chercheur au Boston Children's Hospital. L’expérience n’a, en effet, pas atteint son efficacité optimale. En cause, le vecteur. "Il n’atteint que la première des quatre rangées de cellules ciliées, affirme Bernard Schneider. Or les trois couches suivantes sont là pour amplifier le signal. Il faut les atteindre pour avoir un meilleur résultat." L’équipe travaille déjà à l’élaboration d’un nouveau vecteur qui ciblerait davantage de cellules ciliées. "C’est une preuve de concept, on doit aller au-delà."
source : sciencesetavenir

Attention, la varicelle revient pour les vacances ! Quelques conseils...



Le réseau Sentinelles a observé une activité forte et modérée de cette maladie très contagieuse dans onze régions de la métropole.


La varicelle est une maladie très contagieuse et courante chez les enfants. © GIRAND / BSIP / AFP

L'école est finie, mais de nombreux enfants n'ont pas pu profiter de leur début de vacances. La première semaine de juillet 2015, le taux d’incidence des cas de varicelle vus en consultation en France métropolitaine a été estimé à 32 cas pour 100.000 habitants en moyenne, rapporte le bulletin épidémiologique publié le 8 juillet 2015 par le réseau de surveillance sanitaire national Sentinelles. Onze foyers régionaux ont été observés, d’activité forte en Alsace (90 cas pour 100.000 habitants), Bretagne (89), Provence-Alpes-Côte-d’Azur (74), Rhône-Alpes (57), Auvergne (51) et Champagne-Ardenne (41) et modérée en Corse (36), Aquitaine (31), Languedoc-Roussillon (30), Franche-Comté (28) et Centre (20).
 
© Réseau sentinelles-Inserm

La varicelle, qu'est-ce que c'est ?

La varicelle est une maladie très contagieuse et courante chez les enfants. Elle est causée par un virus à ADN de la famille des Herpes viridae, le VZV (Virus Zona - Varicelle), qui se transmet uniquement entre humains.
La grande majorité des cas de varicelles concernent les enfants de 1 à 14 ans. Chez l’adulte, l’infection est plus sévère, comportant un risque de pneumopathie varicelleuse après 50 ans. La contamination se fait par l’air et par contact avec la peau. Le germe est ensuite disséminé par le sang pour atteindre la peau et provoquer une éruption avec des boutons typiques de la maladie. Le délai entre la contagion et le début de la maladie, qu’on appelle la phase d’incubation, est de 14 jours. 

Comment reconnaître la varicelle ?

Au départ, des petites plaques rosées apparaissent sur la peau. Elles se transforment rapidement en vésicules translucides contenant un liquide transparent de couleur jaune, puis se dessèchent pour devenir des croûtes au bout de 2 jours. La croûte tombe en une semaine, laissant parfois une cicatrice. Les lésions commencent sur le tronc et le cuir chevelu puis s’étendent sur tout le corps et démangent énormément. On retrouve souvent des lésions dans la bouche. Enfin, une fièvre est souvent présente mais peu élevée (moins de 39°C) et ne dure que quelques jours.

Qu'en est-il de la contagion ?

On ne peut généralement avoir la varicelle qu’une seule fois. De façon exceptionnelle, un enfant peut avoir une deuxième varicelle. En revanche, quand on a eu la varicelle, le virus reste à l’état inactif au niveau des ganglions du système nerveux et peux se réactiver des années plus tard, en donnant des boutons à un seul endroit du corps (c’est le zona). Une personne atteinte de varicelle est contagieuse 2 jours avant l’apparition des boutons et jusqu’à ce que les lésions soient sèches. Ainsi, l’enfant qui a contracté la varicelle ne doit pas aller en collectivité jusqu’à ce que les croûtes tombent. Surtout, le contact avec des personnes ayant un système immunitaire déficient ou avec des personnes n’ayant jamais eu la varicelle doit être évité.

Quelle est l’évolution ?

Dans la plupart des cas, la guérison se fait toute seule. Néanmoins, il existe certaines complications de la maladie.
• La surinfection bactérienne (par un staphylocoque ou un streptocoque) est banale. Les croûtes sont plus étendues et un traitement antibiotique est nécessaire.
• La pneumopathie varicelleuse peut survenir dans les 6 jours après l’infection, associant toux, fièvre et gêne respiratoire. On confirme alors le diagnostic grâce à une radiographie des poumons. Cette forme grave est favorisée par le tabac.
• Des manifestations neurologiques peuvent survenir, avec atteinte du cervelet, méningite ou encéphalite.
• Le syndrome de Reye est une complication extrêmement grave, mortelle dans 80% des cas. Il y a une atteinte de plusieurs organes, du cerveau et du foie. Elle survient surtout quand une personne ayant la varicelle a pris de l’aspirine.
A noter que les formes graves de varicelle sont exceptionnelles chez l’enfant. Elles surviennent plus souvent chez l’adulte et surtout chez des personnes dont le système immunitaire est déficient.

Comment soigner la varicelle ?

Les traitements médicamenteux sont :
• les antihistaminiques pour apaiser les démangeaisons,
• le paracétamol qui est utile en cas de fièvre ou de douleur dans la bouche.
En outre, certains gestes sont recommandés :
• prendre une douche par jour, avec un savon dermatologique ou antiseptique, en évitant le visage, éviter les bains ;
• désinfecter les lésions du visage avec un antiseptique après la douche ;
• éviter d’utiliser des crèmes, pommades, gels, talcs qui favorisent la surinfection ;
• couper les ongles courts et les nettoyer afin d’éviter les lésions en cas de grattage et les surinfections.

Existe-t-il un vaccin ?

Un vaccin existe depuis 35 ans mais son efficacité n’est pas complète. Il est très utilisé aux États-Unis et au Japon et n’est indiqué que chez des personnes qui n’ont jamais eu la varicelle. En cas de doute, une prise de sang permet de savoir si on l’a déjà eu.
En France, le vaccin n’est recommandé que pour des personnes à risque, qui ont un déficit immunitaire ou travaillent avec des personnes ayant ce déficit, ainsi que chez certains personnels de santé. Les adolescents de 12 à 18 ans peuvent aussi être vaccinés s’ils n’ont jamais eu la varicelle, comme les femmes en âge d’être enceinte, mais seulement avant leur grossesse.
Rédaction : Laure Tiphaigne, Mise à jour : Lise Loumé
source : sciencesetavenir

Des traitements moins agressifs pour l’artérite



La pose de stents ou de ballonnets permet de rétablir la circulation du sang dans les artères bouchées.


Image d'un dépôt graisseux dans la tunique interne (intima) d'une artère. © Inserm, Larrue Jacky

ARTÈRES. Ils ne mesurent que quelques millimètres de diamètre mais peuvent sauver une jambe ou un piedCes minuscules ballonnets, ou ces petites gaines grillagées et souples (stents), sont déjà connus du grand public pour leur utilisation en chirurgie cardiaque. Mais ces dispositifs étaient à l’honneur lors du 30e congrès annuel de la Société de chirurgie vasculaire de langue française (SCV) qui vient de se tenir à Montpellier pour les bouleversements qu’ils sont en train de permettre dans le traitement chirurgical de l’artérite en permettant de rétablir la circulation du sang dans les artères bouchées.
Cette affection redoutable, appelée égalementartériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), touche près de 800.000 personnes en France (202 millions dans le monde), est en effet responsable de plus de 7000 amputations de jambes ou de pieds par an. Or, elle demeure sous estimée car mal connue des patients et insuffisamment dépistée par les médecins (voir encadré ci-dessous).

Une alternative à la chirurgie classique

Pendant des années, pour réparer les artères atteintes d’athérosclérose, les praticiens avaient pour seul recours la chirurgie classique, dite ouverte. Ils pratiquaient une incision pour remplacer la portion atteinte de l’artère bouchée par des graisses par une prothèse synthétique ou par une veine de la jambe (la saphène interne) comme cela se fait au niveau du cœur en cas d’infarctus. "Aujourd’hui, ces gestes sont devenus quasiment obsolètes",précise le Pr Eric Steinmetz, chirurgien vasculaire au CHU de Dijon et secrétaire général adjoint de la SCV. Les chirurgiens peuvent désormais intervenir sans ouvrir en utilisant des ballonnets ou des stents. En introduisant ces petits dispositifs par l’artère fémorale, ils peuvent atteindre les zones malades clairement localisées lors d’examens spécialisés (échodoppler, angioscanner) en étant guidés par imagerie. Une fois en place, ces dispositifs maintiennent mécaniquement les vaisseaux ouverts et évitent qu’ils ne se rebouchent. Cette opération peu invasive mais délicate doit cependant toujours être pratiquée par un chirurgien vasculaire (environ 500 en France).

Stents et ballons diffusent aussi de véritables médicaments

Mais stents et ballons n’agissent pas uniquement par voie mécanique. Ils ont aussi une action chimique, comme le font de véritables médicaments. Ils délivrent en effet, juste au moment du gonflage pour les ballons ou pendant plusieurs semaines après leur pose pour les stents, des substances dites antiprolifératives (paclitaxel) qui agissent dans les parois des artères abîmées, réduisant ainsi d’un tiers environ le risque de récidive. Les chirurgiens savent en effet aujourd’hui que "les lésions des artères correspondent à des bourgeonnements des cellules de la paroi et se situent surtout près des bifurcations, en raison des turbulences importantes du flux sanguin à ces niveaux", précise le Pr Yann Goueffic chef de service du pôle vasculaire au CHU de Nantes et trésorier de la SCV. De l’avis des spécialistes, ces innovations sont en train de bouleverser la prise en charge chirurgicale de l’artérite. "Ils réduisent aussi les complications post-opératoires, détaille le Dr Jean Sabatier chirurgien vasculaire à Rouen, secrétaire général de la SCV. Cette approche endovasculaire est devenue le traitement de première intention."
Mais comment faire le tri parmi les multiples innovations proposées par les fabricants ? Pourquoi choisir tel ballonnet plutôt que tel autre ? Faut-il le choisir actif ou non ? Du côté des stents, même dilemme... Faut-il choisir ce dispositif qui se déploie aussitôt ou cet autre qui ne prend sa forme définitive qu’une fois en place et mis à la température du corps afin de se mouler au plus près de l’artère qu’il doit solidifier… "Notre travail va désormais consister à hiérarchiser ces différents dispositifs, pour optimiser nos choix en fonction des lésions", insiste le Pr Goueffic. Pas toujours simple à réaliser en pratique, quand de nouveaux dispositifs ne cessent d’arriver sur le marché, bien plus vite que l’évaluation des modèles plus anciens.

Un geste chirurgical qui peut être réalisé de manière ambulatoire

Tous les patients atteints d’artérite ne relèvent cependant pas tous de cette nouvelle approche. En effet, dans la très grande majorité des cas (90%), un traitement purement médical (vasodilatateurs, antiagrégants plaquettaires, traitement du diabète et de l’hypertension souvent associés…) ou des conseils d’hygiène de vie (arrêt du tabac, marche, perte de poids…) suffisent. Ce n’est que que lorsque ce traitement échoue (10%) - c’est-à-dire lorsque les douleurs sont permanentes ou la marche quasi impossible - que le recours à un geste endovasculaire s’impose. Parfois, ce geste peut même être réalisé de manière ambulatoire. Le patient sort alors de l’établissement le jour même de son intervention, quelques heures à peine après la pose du ballonnet ou du stent. Cette performance est rendue possible par une prise en charge améliorée dans des salles d’opération hautement spécialisées dites hybrides. Il s’agit de blocs opératoires high-tech, associant une salle d’intervention chirurgicale à un système de radiographie perfectionné pour pratiquer les gestes guidés par imagerie. A Nantes, une salle hybride de ce type a ouvert ses portes à l’automne dernier dans le service du Pr Goueffic."Aujourd’hui, 70% de notre activité y est ambulatoire", précise le spécialiste. Mais ce chiffre – qui est aussi celui réalisé sur l’ensemble du territoire allemand - est loin d’être le même partout en France où la moyenne générale est inférieure à 5%... Il n’existe en effet que quelques dizaines de salles hybrides en France, leur coût restant très élevé, soit environ 1 million d’euros. Reste encore à prouver par des études médico-économiques que cette approche génèrera des économies. A Nantes, une étude sur ce point (Ambuvasc) a déjà démarré.
Mieux dépister l’artériopathie

Officiellement, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) concerne 800000 malades en France. En réalité, sans doute deux à trois fois plus. "La maladie est sous diagnostiquée mais aussi en augmentation", précise le Dr Jean Sabatier, chirurgien vasculaire à Rouen, secrétaire général de la Société de chirurgie vasculaire de langue française (SCV). "10 à 20% des plus de 55 ans sont concernés, renchérit  le Pr Yann Goueffic, chef de service du pôle vasculaire au CHU de Nantes. Classiquement prédominante chez les hommes, la maladie, très liée au tabac, concerne aujourd’hui désormais presque autant les femmes". Qui poursuit : "La maladie a progressé de 20% ces dernières années dans les pays riches et de 30% dans les pays à faible revenus"
En pratique, tout commence souvent par une crampe dans le mollet, survenant à la marche. Elle doit alerter et faire consulter rapidement, bien que cette crampe disparaisse au repos. Car sa présence traduit déjà une maladie évoluée, cette affection étant - comme le diabète ou l’hypertension - longtemps silencieuse. En l’absence de prise en charge, le périmètre de marche se réduit peu à peu jusqu’à rendre tout déplacement impossible. "L’examen de référence est la mesure de l’index de pression systolique, calculé à partir des chiffres de tension mesurés au bras et au pied. Mais il reste très insuffisamment pratiqué par les médecins généralistes", note le Pr Goueffic. Sans doute en raison du manque de temps, de connaissances ou de formation des médecins sur ce thème, comme l’ont déjà pointé plusieurs études.
source : sciencesetavenir

Comment courir pour allonger sa durée de vie ?

Une étude suédoise affirme qu'il existe une dose d'exercice optimale afin de réduire son risque de mortalité et d'allonger son espérance de vie.


Les participants qui faisaient du jogging de façon plus modérée (entre 1 heure et 2,4 heures hebdomadaires, trois fois maximum) avaient le plus faible taux de mortalité. © Yew! Images / Image Source / AFP

Faire du jogging à dose modérée semble être le meilleur moyen de vivre plus longtemps, affirme une étude de chercheurs danois publiée dans le Journal of the American College of Cadiology. Cette recherche a porté sur 5.048 participants en bonne santé à Copenhague parmi lesquels les auteurs ont identifié et suivi pendant douze ans 1.098 joggeurs et 413 personnes sédentaires.

Entre 1 et 2,4 heures hebdomadaires

Les chercheurs ont enregistré le nombre d'heures, la fréquence et le rythme de jogging par semaine, et constaté qu'au bout de douze ans, ceux qui couraient le plus avaient quasiment la même probabilité de décéder que les sédentaires. Au contraire, les participants qui faisaient du jogging de façon plus modérée (entre 1 heure et 2,4 heures hebdomadaires, trois fois maximum) avaient le plus faible taux de mortalité. Généralement, les "joggeurs" étaient plus jeunes, avaient une tension artérielle et un indice de masse corporelle plus faibles. Ce groupe comptait également beaucoup moins de fumeurs et de diabétiques (les résultats ont été pondérés en fonction de ces données).
RISQUES. "Faire cet exercice soutenu pendant des décennies peut présenter des risques pour la santé, particulièrement pour le système cardiovasculaire", met en garde le Dr Peter Schnohr de l'Hôpital Frederiksberg de Copenhague, principal auteur de ces travaux. "Il faut souligner que le rythme du jogging à faible allure correspond à un exercice intense et que le fait de faire du jogging de façon soutenue revient à faire de l'exercice de façon très vigoureuse", explique-t-il.

5 à 6 ans d'espérance de vie en plus

Les résultats de cette étude confortent ceux de recherches précédentes dans lesquelles les scientifiques ont découvert que l'exercice trop intense peut être plus néfaste que bénéfique."Tous ces travaux montrant une corrélation entre une certaine intensité de jogging et la mortalité suggèrent qu'il pourrait y avoir une dose d'exercice optimale pour la santé, relève le Dr Schnohr. Si votre but est de réduire le risque de mortalité et d'allonger votre espérance de vie, conclut-il, faire du jogging deux ou trois fois par semaine à un rythme modéré est la bonne stratégie... en faire plus pourrait être néfaste."
En 2012, une étude suédoise s'était penché sur l'espérance de vie de 20.000 hommes et femmes âgés de 20 à 93 ans, joggeurs ou non, en recueillant des données pendant 30 ans. Elle avait démontré que les hommes pratiquant régulièrement et modérément la course à pied gagnaient en moyenne plus de 6 ans d'espérance de vie et les femmes plus de 5 ans. "Nous pouvons dire avec certitude que la pratique régulière du jogging augmente la longévité", avait déclaré en 2012 Peter Schnohr, principal auteur de l’étude.
Source : Lise Loumé avec afp

Pourquoi les hommes vivent moins longtemps que les femmes ?



Une équipe de chercheurs américains vient de résoudre ce mystère en retraçant les différences de taux de mortalité entre les hommes et les femmes entre 1800 et 1935.


Chez les femmes nées après 1880, le taux de mortalité après l'âge de 40 ans a diminué 70 % plus rapidement que celui des hommes. GILE MICHEL/SIPA

Peu importe le pays dans lequel elles résident, les femmes peuvent espérer vivre plus longtemps que les hommes. Pour quelle raison ? Des chercheurs américains de l'université de Californie, aux États-Unis, ont récemment identifié des éléments de réponse dans la revue PNAS, en s'appuyant sur les données de 1.763 personnes nées entre 1800 et 1935 dans 13 pays développés. Selon leurs résultats, si les hommes sont plus désavantagés que les femmes, c'est parce qu'ils sont davantage vulnérables aux maladies cardiovasculaires.

Au 20e siècle, le taux de mortalité a diminué plus rapidement chez les femmes

Les chercheurs ont constaté des différences significatives dans l'espérance de vie à la naissance des deux sexes dès la fin du 19e siècle et au début de 20e. À cette époque, le taux de mortalité a chuté, grâce à une meilleure prévention des maladies infectieuses, une meilleure alimentation et à l'adoption d'autres comportements sanitaires bénéfiques qui ont été adoptés par la population née dans les années 1800. Mais les femmes auraient récolté les bénéfices de cette longévité à un rythme beaucoup plus rapide que les hommes. En effet, chez les femmes nées après 1880, le taux de mortalité après l'âge de 40 ans a diminué 70 % plus rapidement que celui des hommes ! "Nous avons été surpris par la différence de taux de mortalité entre les hommes et les femmes, âgés de 50 à 70 ans, et ce dès les années 1870", explique dans un communiqué le Pr Eileen Crimmins, principal auteur de l’étude. Passé 80 ans, l'écart entre les deux sexes se réduit considérablement.
En cause donc les maladies cardiovasculaires, qui auraient davantage touché les hommes que les femmes. L'hypertension artérielle, un taux de cholestérol élevé, ainsi que le tabac sont des facteurs connus de risque cardiovasculaire. Toutefois, de manière étonnante, le tabagisme "ne représentait que 30 % de la différence de mortalité entre les deux sexes à partir de 1890", commente le Pr Eileen Crimmins.
ORIGINE. Cette étude soulève ainsi une question majeure : pourquoi les maladies cardiovasculaires touchent davantage les hommes "d'âge mûr" que les femmes ? "La question est de savoir si les hommes et les femmes sont confrontés à des risques cardiovasculaires différents pour des raisons biologiques inhérentes à leur sexe et/ou s'ils bénéficient de facteurs de protection à différents moments de leur vie"explique Caleb Finch, co-auteur de l'étude. "Nous envisageons de réaliser une étude plus approfondie pour résoudre cette énigme, en incluant entre autres une analyse génétique, de l’alimentation et de l’activité physique des hommes et des femmes", projette-t-il.
source : sciencesetavenir